La green IT, nouvelle norme de la transformation digitale ?

Dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique, les gouvernements et les entreprises tentent de s’adapter pour consommer moins de ressources et inscrire leurs produits ou services dans une logique plus durable.

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    4%

    Des émissions de gaz à effet de serre sont dues au numérique 

  • Plus de 

    21%

    De déchets électroniques en 5 ans soit 53,6 millions de tonnes de déchets produits en 2019 

  • Plus de 

    9%

    De progression annuelle de l’empreinte numérique 

La Green IT pour un numérique durable

Ces adaptations passent incontestablement par une transformation profonde de leur stratégie d’innovation, de production mais aussi d’adressage du marché dans lequel la responsabilité de chacun est clé pour l’optimisation des ressources énergétiques.

Le digital joue un rôle clé dans ce nouveau paradigme offrant, malgré les challenges à relever, de nouvelles opportunités de création de valeur. Capgemini Engineering est au cœur de ce mouvement global et accompagne l’ensemble de ses clients, sur différents niveaux, à repenser leur chaîne de valeur à l’ombre de ces nouveaux défis.

Aujourd’hui la transformation digitale fait face à un nouveau challenge : celui de la green IT.  La Green IT englobe l’ensemble des solutions qui vise à optimiser l’impact de la surconsommation des ressources IT dans un objectif de réduction de l’empreinte carbone mais aussi de l’OPEX (les charges courantes pour exploiter un produit, une entreprise, ou un système) associé.

Nous en sommes aux prémices d’une prise de conscience quant à l’impact énergétique des solutions digitales alors qu’elles représentent déjà 5,5% des gaz à effet de serre dans le monde. C’est plus que le trafic aérien ! La courbe est globalement exponentielle, si bien qu’il convient donc d’anticiper la mise en place de nouvelles pratiques tout autant dans la conception, les architectures, le code et le cycle de vie global du produit.

L’enjeu environnemental a pris une acuité croissante. Par exemple, l’envoi d’un e-mail avec un document en pièce-jointe correspond à une ampoule allumée 24 heures durant. De plus, des chercheurs de l’université de Bristol ont calculé que les émissions de CO2 d’un site web tel que YouTube sont équivalentes à celles d’une ville comme Glasgow. Il est donc nécessaire de modifier certaines habitudes digitales à l’aide notamment de transformations digitales plus vertes.

Pour lutter contre le réchauffement climatique, les gouvernements prennent, la question de l’impact environnemental du digital très au sérieux. Ainsi, un nouvel arsenal législatif se met en place et évolue en fonction des tendances pour initier une pratique et un usage du digital plus « sobre ». (cf l’accord de Paris qui est conditionné par un numérique sobre dans sa conception et dans son utilisation).

Cette « sobriété » est désormais sous-jacente à tous les projets de transformation digitale.

La Green IT de demain se définit aujourd’hui

Nous pouvons cependant nous questionner : la notion de sobriété numérique est-elle une tendance de fond ou un effet de mode ? Le numérique étant une ressource non renouvelable, puisqu’elle est produite à partir de ressources abiotiques, nous devons à tout prix ralentir son impact carbone en contrôlant nos usages et pratiques, personnelles et/ou professionnelles.

Dans le contexte actuel, quelques mesures simples permettraient de réduire considérablement, d’ici à 2025, l’empreinte environnementale du digital dans le monde. (source Greenit.fr) :

  1. Réduire le nombre d’objets connectés en favorisant leur mutualisation et leur substitution en ouvrant leurs APIs (Interfaces de programmation d’applications).
  2. Réduire le nombre d’écrans en les remplaçant par d’autres dispositifs d’affichage – lunettes de réalité virtuelle, vidéo projecteur LED, etc. – et en les mutualisant avec les écrans existants (smartphones, ordinateurs, etc.).
  3. Augmenter la durée de vie des équipements en allongeant la durée de garantie légale, en favorisant le réemploi, et en luttant contre certains modèles économiques à l’impact délétère (opération du type « smartphone à 1 euro contre réengagement).
  4. Réduire les besoins des services numériques via leur écoconception.

De plus, les pouvoirs publics peuvent agir, via des actions simples telles que :

  1. Obliger les fabricants d’objets connectés à ouvrir leurs APIs
  2. Rendre obligatoire la distinction entre mise à jour logicielle corrective et évolutive
  3. Consigner les EEE (Equipement électriques et électroniques) afin d’augmenter le taux de collecte des EEE à réemployer et des DEEE (Déchet d’équipement électriques et électroniques) à recycler
  4. Interdire des offres de réengagement contre des équipements à « 1 euro »
  5. Créer une directive « réemploi » pour compléter la directive « DEEE » et ainsi articuler efficacement les filières réemploi et déchets tout en incitant les principaux gisements (grandes organisations) à privilégier le réemploi.

Autant de pratiques personnelles à modifier de la part des utilisateurs finaux, que de nouvelles procédures à créer en entreprises pour répondre à ces défis.

La Green IT source d’économies

Le simple fait de repenser son architecture IT, la façon dont les ressources sont provisionnées et la manière dont l’ensemble est codé permet de réaliser des économies de ressources et de budget considérables.

Nous avons accompagné un grand constructeur automobile dans sa transformation digitale. Cet accompagnement lui a permis de réaliser des économies de l’ordre de plus 400 000 € et une baisse significative de la consommation de son infrastructure.

Ce socle clé de chaque projet de transformation digitale est naturellement une partie prenante de l’ensemble de nos collaborations avec nos clients mais est également présent dans de nombreux projets de recherche.

La Green IT pour réduire l’empreinte environnementale liée au numérique

Nous travaillons également avec plusieurs éditeurs pour développer un outil permettant aux développeurs d’évaluer l’emprunte énergétique de la conception au développement et ainsi de trouver des alternatives plus intéressantes sur le plan énergétique.

Nous sommes également membre de la LF Edge Foundation car nous devons raisonner en écosystème pour pouvoir déployer plus rapidement. L’Edge est un élément essentiel, notamment pour recréer une nouvelle pratique, limiter le transfert des données et optimiser les traitements.

Les projets de transformation digitale ne manquent pas car les ramifications sont nombreuses. Agile IT, DevSecOps, Edge Computing, Cloud, 5G… Autant de technologies et pratiques pour lesquelles il convient de penser sobriété.